Louise Tremblay

Thérapeute manuelle

Formateur en thérapie manuelle

Informer le SNC grâce aux récepteurs de la somesthésie

À partir du moment où l'on se rend à l'évidence et que l'on accepte que le seul moyen d'action qui existe pour le thérapeute manuel, dans l'application de la technique en elle-même, constitue la stimulation des récepteurs de la somesthésie, et que peu importe son désir ou ses attentes, le résultat sera le seul fait du SNC, tout un monde s'ouvre à nous :

 

• Il devient possible d'entrevoir la possibilité d'apprendre la neurophysiologie et de l'appliquer en thérapie manuelle.

• On réalise que peu importe le nom de la thérapie, on fait tous la même chose : stimuler les récepteurs de la somesthésie. C'est inévitable.

 

• Fini cette sensation que l'on est en train de manquer le bateau si l'on ne s'intéresse pas à ce que font les autres systèmes thérapeutiques. Si une technique contient un étirement de la peau, il est peu utile de savoir si c'est de l'ostéopathie, de la réflexologie, du crânio-sacré, etc. Il est très important par contre de savoir que cet étirement est le stimulus nécessaire pour que le corpuscule de Ruffini puisse transformer cette énergie mécanique en potentiel d'action, et de savoir ce qui se déroule dans le SNC à la suite de cette stimulation.

• Sans le renier ni le mettre de côté, on ne se sent plus obligé de défendre à tout prix les couleurs du système thérapeutique auquel on a d'abord adhéré. Chaque système thérapeutique a du bon, aucun n'est totalement complet. Cela vaut la peine d'en apprendre quelques-uns (ou autant qu'on veut puisque chacun nous apportera quelque chose) et de les pratiquer avec, toujours en tête, la neurophysio.

• On comprend que le thérapeute ne peut pas "ajuster" le patient, mais qu'il peut communiquer avec son SNC et faire en sorte qu'il modifie son interprétation de la situation.

 

• On devient libre.

Le système nerveux aura toujours le dernier mot ; à nous de savoir lui communiquer des informations dont il tirera profit. Notre responsabilité : étudier et s'ouvrir aux grandes découvertes réalisées dans les dernières années dans les domaines de la neurophysiologie et des neurosciences.

Cette liberté ne s'obtient qu'au prix d'une étude sérieuse de la neurophysiologie et des neurosciences.

Donc, pour l'instant, on a tous appris plusieurs techniques, on a tous fait plusieurs écoles. Comment choisir maintenant, parmi les techniques que l'on a déjà apprises, celles qui seraient les plus profitables pour nos patients ?

Ce que je vous suggère c'est ceci (mon point de vue) :

 

1- La thérapie manuelle devrait être douce et agréable

 

Depuis quelques années, plusieurs recherches ont été faites sur des fibres de type C qui sont sensibles au toucher agréable. Il semble que ces fibres soient d'une importance capitale pour la régulation de l'homéostasie. On le fait tous inconsciemment : toucher, se faire toucher, fait du bien. Tous les animaux le font, prenez le temps de relire la page sur le grooming social.

 

2- La thérapie manuelle devrait être lente et entrecoupée de pauses thérapeutiques

 

"Autonomic changes happen slowly, over a long period of time." (Craig, A.D. 2015)

 

Vouloir une amélioration durable pour notre patient, signifie que l'on veut aussi une modification profonde du SNC. Les modifications du système nerveux autonome (sympathique et parasympathique) se déroulent sur une longueur de temps. Ces changements ne peuvent pas survenir en millisecondes, mais en plusieurs minutes, voire plusieurs heures. Pour éviter d'inhiber nos stimulations à mesure que nous les appliquons, je recommande d'attendre, ne serait-ce que deux minutes entre l'application de celles-ci. Il serait trop long de vous faire toute la neurophysiologie qui s'y rattache dans ce paragraphe, mais si vous lisez bien le livre de A.D. Craig, ce qui vous demandera probablement plusieurs mois, plusieurs dictionnaires et autres livres de référence, vous comprendrez. (J'introduis aussi plusieurs éléments de neurophysiologie dans mes stages et on en parlera dans le blogue.)

 

De plus, certaines fibres qui sont sensibles à l'étirement ou à la contraction peuvent mettre jusqu'à 15 secondes pour s'activer après la fin de la contraction et leur potentiel d'action peut durer jusqu'à une minute. Si ce n'était que la seule raison pour faire une pause thérapeutique, cela en sera déjà une très bonne.

 

3- La thérapie manuelle ne devrait jamais occasionner de sensation de douleur

 

La douleur est contreproductive en thérapie manuelle. Lorsque les fibres C nociceptives sont activées durant une séance de thérapie manuelle, elles provoquent, au mieux, un réflexe de retrait, et au pire, une réaction sympathique de type "fight or flight" ou "le combat ou la fuite ». Puisque votre patient ne va ni se battre avec vous ni s'enfuir en courant, il verra son taux de cortisol et autres hormones de stress augmenter. Ce n'est certainement pas la situation idéale pour lui. Notez bien que même si le patient "accepte" cette douleur, ce réflexe se produit quand même, car il est généré totalement par la moelle épinière.

 

Si vos techniques correspondent déjà à ces trois critères, vous avez déjà dans vos mains des techniques qui seront très profitables pour vos patients.

© 2018 Louise Tremblay

 

+1 514 523 3575

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