Louise Tremblay

Thérapeute manuelle

Formateur en thérapie manuelle

 

Le Bowen

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Mise au point dans les années 60 et 70 par un Australien du nom de Tom Bowen, cette méthode a suscité au départ un grand engouement et différents programmes de formation ont été organisés. On trouve maintenant plusieurs écoles dans de nombreux pays, qui offrent toutes des formations plus ou moins semblables. Hélas, comme il arrive souvent, des "clans" se sont formés, chacun clamant que la méthode qu'ils enseignent est "la méthode originale" ou celle qui se rapproche le plus de ce que faisait Tom Bowen.

Mais c'est là le problème : Tom Bowen n'est plus là et il n'a jamais pu dire qui, parmi les six personnes qui ont appris avec lui, avait le mot juste. On doit se rendre compte que chaque école a sa propre interprétation de ce que faisait Bowen et qu'aucune ne possède "la vérité".

Et cette vérité, quelle est-elle ?

D'abord, il faut comprendre que si cette méthode a suscité autant d'engouement, que tant d'écoles ont vu le jour et que l'esprit de compétition s'est si rapidement développé entre elles, c'est à cause, premièrement, de son efficacité et deuxièmement, de la simplicité (apparente) à l'enseigner et à la pratiquer. Je m'explique.

Bowen est d'une efficacité redoutable. C'est la méthode qui surprendra le plus par les résultats que l'on constate chez les patients. Comme quoi ? Bien sûr, pour tout ce qui est douleur musculaire et articulaire, récente ou chronique, Bowen pourra faire une différence certaine. Mais là où la méthode surprend le plus, c'est dans les cas où le patient semble avoir aussi une atteinte plus générale : de la fatigue, du stress, de l'angoisse, des troubles digestifs, des troubles du sommeil, etc. Bien que l'on ne puisse pas relier formellement l'application d'une technique manuelle avec l'amélioration d'une maladie chronique, lorsqu'on voit des patients revenir heureux et soulagés, on continue avec la même approche. Bowen a été ce qui a changé la vie de milliers, probablement de dizaines de milliers de patients.

• La simplicité de la méthode : elle n'est qu'apparente !!! Bowen n'est pas simple du tout. Bien sûr, si on ne tient pas compte de la physiologie, alors oui, c'est simple. On dit alors que Bowen c'est énergétique et qu'il faut faire confiance à la technique. Mais se tenir si loin de la science est d'après moi ce qui fait que le Bowen ne soit pas pratiqué autant qu'il devrait l'être, surtout par les professionnels de la thérapie manuelle. Ces praticiens auraient vraiment avantage à s'intéresser à Bowen et à l'apprendre... dans une bonne école.

• Je crois sincèrement qu'il faut étudier de façon beaucoup plus approfondie les bases neurophysiologiques qui sous-tendent la méthode (toutes les méthodes). Ce fut ma motivation pour compléter les six années d'études en ostéopathie. J'en ai tiré beaucoup de bon, pas trop en neurophysiologie, mais surtout une confiance en moi qui me permettait d'aller plus loin, en dehors des cadres de la formation en elle-même. C'est ainsi que pour enseigner, je dois continuer, sans cesse, d'apprendre, de chercher et d'étudier. Ce n'est pas simple d'être un prof de thérapie manuelle. Pas du tout.

La vérité ? Je ne crois pas que Tom Bowen aurait pu expliquer la physiologie derrière sa méthode. Je crois qu'il était un bon observateur, qu'il avait probablement compris qu'il fallait s'adresser au système nerveux qui lui, avait besoin de temps.

 

Tom Bowen nous a laissé une méthode extraordinaire, à nous de faire en sorte qu'elle acquiert ses lettres de noblesse.

Bowen et le muscle

On dit de Bowen qu'elle est une méthode neuromusculaire. C'est-à-dire qu'on utilise le muscle pour atteindre le système nerveux. Rien de bien nouveau, plusieurs techniques visent particulièrement les muscles. La différence avec Bowen est dans le geste lui-même. Non seulement vise-t-on le muscle, mais nous voulons le "mettre en tension" localement. Ou si vous voulez, nous allons faire un étirement local d'une partie du muscle par une poussée transversale sur ce muscle.

Comme on le sait tous, le fuseau neuromusculaire possède deux types de fibres qui vont réagir différemment :

 

• La fibre afférente Ia est une fibre rapide, myélinisée de type A-alpha. L'information qui y circule atteindra la corne postérieure de la moelle épinière et passera vers un motoneurone qui reviendra vers le muscle, pour qu'il se contracte. C'est le réflexe myotatique, monosynaptique. Vous l'aurez compris, en Bowen, on veut l'éviter. On sait que la fibre Ia est sensible à la variation brusque et rapide de la longueur du fuseau et qu'elle répond au début de la stimulation. C'est la réponse dynamique.

• La fibre afférente II du fuseau neuromusculaire est plus lente que la fibre Ia et répondra à l'allongement par une activité électrique soutenue durant tout le temps de l'étirement. Rendue à la moelle, la fibre II passera son information à des interneurones qui la dirigeront vers les centres nerveux supérieurs. C'est ce que l'on veut en Bowen.

 

Alors, notre geste sera précis, lent et progressif, pour éviter le réflexe myotatique et long pour bien faire passer la stimulation par les fibres II.

La pause thérapeutique : le déploiement de l'homéostasie (homoeostasis in progress)

La pause thérapeutique est l'inclusion d'une pause, ou de plusieurs d'entre elles, durant les traitements de thérapie manuelle. La physiologie ne changera pas, que vous utilisiez Bowen ou toute autre méthode manuelle de traitement. La pause devient thérapeutique lorsque nous laissons du temps pour que se produisent tous les événements physiologiques neuroendocriniens qui peuvent être initiés à la suite d'une stimulation, avant d'en acheminer une autre. Faites quelques gestes ou techniques puis laissez le cerveau et le système neuroendocrinien intégrer l’information et réagir. Ça paraît logique quand on le lit, mais on doit aller un peu plus loin pour vraiment comprendre et accepter cela comme un aspect crucial de la thérapie manuelle.

Ce qui est particulièrement frappant en Bowen, ce sont les effets que les patients nous rapportent à la suite de la séance, et qui, bien souvent, dureront des jours. Ils parlent d'un bien-être général comme ils n’ont pas ressenti depuis longtemps. Quand ils reviennent, ils disent qu'ils dorment mieux, qu'ils mangent mieux, qu'ils digèrent mieux, qu'ils respirent mieux, qu'ils se concentrent mieux, qu'ils se déplacent mieux : l'homéostasie semble avoir été normalisée. Comment une thérapie manuelle peut-elle apporter un tel changement ? Je vous assure qu'il n'y a pas de miracle, si ce n'est la façon fantastique dont le corps peut se réajuster lorsqu'il est correctement stimulé. Il doit y avoir des explications.

On en trouve des explications. Mais ici n'est pas l'endroit idéal pour développer le sujet. Nous y reviendrons. Je vous suggère simplement d'essayer : sans changer vos méthodes, appliquez une technique, puis laisser le patient pendant deux minutes. Il est préférable qu'il soit seul, allongé, confortablement couvert, sans bruit ou autre stimulation. Revenez et évaluez. Il y aura une différence.


 

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