Louise Tremblay

Thérapeute manuelle

Formateur en thérapie manuelle

Les voies afférentes de la somesthésie

L'information recueillie par le récepteur doit passer le long de trois neurones pour atteindre le cerveau. Ces neurones sont nommés simplement les neurones de premier, deuxième et troisième ordre. Le récepteur reçoit une stimulation à laquelle il est sensible, transforme cette énergie (mécanique, chimique ou thermique) en un potentiel d'action et cet influx nerveux passe de neurone en neurone grâce aux synapses qui les relient.

La voie afférente des mécanorécepteurs (Aß), celle des propriocepteurs (A-alpha) et celles empruntées par les fibres peu myélinisées ou non myélinisées (A∂ et C) sont différentes, mais il s'agit toujours (ou presque), d'une organisation à trois neurones. On aura donc trois voies principales (mais là aussi, il s'agit d'un vrai casse-tête et celui qui cherche bien trouvera beaucoup d'autres voies).

1- La voie des colonnes dorsales.

C'est la voie des mécanorécepteurs et de la proprioception consciente. Elle se subdivise car, n'oublions pas, le système nerveux central possède plusieurs cartes somatotopiques et la moelle épinière est aussi organisée en régions spécialisées. Les fibres provenant des membres inférieurs n'empruntent pas exactement le même trajet que les fibres provenant des membres supérieurs ou du tronc et dans chaque subdivision, on en trouve d'autres qui sont spécifiques pour chaque région du membre inférieur, du tronc ou du membre inférieur.

 

 

La voie des colonnes dorsales comporte les faisceaux gracile (membres inférieurs et région sacrée du tronc) et cunéiforme (membres supérieurs et tronc thoracique) qui transportent les informations de toucher discriminant et de proprioception consciente (Meisness, Merkel, Pacini et Ruffini).

Les neurones des deux faisceaux se rendent par cette voie homolatérale aux noyaux gracile et cunéiforme respectifs qui sont situés dans le bulbe rachidien. Ils y font synaspe avec des neurones de deuxième ordre qui décussent à ce niveau et se rendent dans la région ventrale postéro-latérale du thalamus. Puis, grâce à une deuxième synapse, les neurones de troisième ordre sont recrutés et l'information peut se rendre ainsi au cortex somatosensoriel primaire connu aussi sous le nom de gyrus postcentral.

2- La voie spinothalamique

C'est la voie des fibres de type C, celles qui acheminent les informations concernant la température, le toucher agréable, les chatouillements, la démangeaison et la douleur. Les neurones afférents de type C pénètrent le faisceau de Lissauer où elles peuvent monter ou descendre d'un à deux étages. Puis, elles se rendent sur la Lamina 1 de la corne postérieure où elles feront synapse avec un neurone de deuxième ordre.

Les neurones de deuxième ordre décussent à ce niveau en passant par la commissure blanche antérieure, puis se rendent au faisceau spinothalamique controlatéral où elles commencent leur ascension vers le tronc cérébral jusqu'au thalamus.

Finalement, tous les livres de physiologie actuels nous disent que le neurone de troisième ordre de cette voie ascendante se projette au niveau du cortex somatosensoriel, comme ceux de la voie des colonnes dorsales. Ceci est une erreur que le neuro-anatomiste Arthur D. Craig a mise en lumière. Ces neurones projettent plutôt au niveau du cortex cingulaire antérieur, de la zone 3a du cortex somatosensoriel et surtout, au niveau du cortex insulaire.

Arthur D. Craig, "How do you feel ?
An Interoceptive Moment with Your Neurobiological Self, Princeton University Press, 2015, p. 14

3- Les voies spinocérébelleuses

Les voies spinocérébelleuses sont complexes. Elles sont constituées du faisceau spinocérébelleux dorsal, du faisceau spinocérébelleux ventral, du faisceau cunéocérébelleux, du faisceau spinocérébelleux rostral, du faisceau spino-olivaire et du faisceau spinovestibulaire. Ces faisceaux, comme ceux des colonnes postérieures, possèdent des organisations somatotopiques et toutes les afférences qui se rendent de la périphérie au cervelet se rendent, par un système de deux neurones, au cervelet homolatéral bien que certains faisceaux doivent décusser deux fois.

Un des rôles principaux du cervelet est d'assurer la coordination des mouvements. Pour y arriver, le cervelet reçoit des informations provenant des membres, du tronc ainsi que du cerveau. Il reçoit aussi des signaux d'origine visuelle et vestibulaire pour assurer l'équilibre du corps. Il doit s'assurer que le mouvement que l'on fera sera exactement le mouvement qu'on a l'intention de faire. Il pourra "comparer" le mouvement intentionnel du cerveau avec le mouvement réel qu'il est possible d'exécuter et pourra "corriger" le mouvement intentionnel en fonction de l'état réel du corps et renvoyer l'information au cerveau par l'intermédiaire du thalamus avant que le cerveau ne passe la commande aux neurones efférents vers le tronc cérébral et la moelle épinière, tout cela afin que le mouvement soit bien coordonné.

L'information proprioceptive est transmise au cervelet par les propriocepteurs (fuseaux neuromusculaires et organes tendineux de Golgi) et certains récepteurs cutanés sensibles à la pression. Le cervelet est constamment au courant de la position des membres et du corps, même si nous n'en avons pas toujours conscience. C'est ce que l'on appelle la proprioception inconsciente.

Pourquoi est-ce important de connaître ces voies ? Parce qu'elles vont se projeter sur différents endroits du cerveau et pourront activer certaines zones en particulier.

Selon le type de stimulation que j'effectue, je peux avoir un impact plus important sur une zone ou une autre du cerveau.

C'est génial !

© 2018 Louise Tremblay

 

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